On peut et on doit se poser la question du nombre de Français à aligner en Pro A. Cependant, l'important n'est pas la quantité, mais la qualité. La preuve, l'ASVEL, victorieuse de la belle à domicile (62-56), possède au moins deux joueurs «formés localement» avec de l'expérience, du caractère et un sang-froid inoui. Aymeric Jeanneau, parce qu'il a su remettre le jeu villeurbannais à l'endroit après la mi-temps, et Laurent Foirest, auteur de paniers qui ont assassiné Nancy, ont été les deux grands hommes de cette rencontre jouée dans une Astroballe surchauffée. Après avoir survécu à un match à la vie à la mort en Lorraine, l'équipe de Vincent Collet a de nouveau retourné une situation mal embarquée - elle comptait dix points de retard à la 32e minute (46-56) - et envoyé Cyril Julian à la retraite dans le même mouvement. Avec les qualifications des Verts et d'Orléans, la finale de Pro A version Paris-Bercy, sur une manche sèche, sacrera un cinquième champion différent en cinq éditions.
La finale, qui devrait être sublime si elle s'inscrit dans le sillage de play-offs magnifiques, au moins en terme de suspense, opposera le premier au deuxième de la saison régulière, ce qui, dans l'histoire récente de la Pro A, défie toute logique. Et elle pourrait sacrer l'ASVEL, qui n'était plus arrivée à ce niveau depuis 2003 (défaite face à Pau-Orthez), avant même que celle-ci ne démultiplie son budget grâce à l'effet Tony Parker. Mais pour cela, il faudra que Villeurbanne n'accumule pas autant d'erreurs que lors de cette belle. Certes, onze balles perdues, ce n'est pas honteux. Mais celles-ci ont filé à chaque fois au plus mauvais moments, permettant au SLUC de faire la course en tête du premier quart-temps (11-17, 8e) jusqu'à cette 32e minute où elle a inscrit ses derniers points par John Cox. L'ASVEL a fait plusieurs fois l'accordéon, portée par les rebonds offensifs d'Eric Campbell, puis Aymeric Jeanneau a sonné la révolte à trois points. Et Laurent Foirest a enchaîné en enquillant trois paniers d'affilée (57-56, 37e)... ses seuls points du match. La tête sous l'eau, Nancy n'avait plus la réussite et deux derniers lancers francs d'Amara Sy (ses seuls points du match là aussi !) ont clos l'aventure. Huit minutes sans marquer pour finir, cela n'arrive pas tous les jours.

On peut imaginer qu'avec le retour des absents de l'été 2010, les Bleus peuvent viser les...
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